Mongolie du 15 juillet 2004 au 1er août 2004

jeudi, août 05, 2004

Une aventure au pays des nomades

Afin d’atteindre la Mongolie (environ 24h de voyage), nous prenons le Transiberien a Irkoutsk, train dans lequel une provodnista (hotesse) un peu louche nous accueille en nous arrachant nos tickets et en nous montrant deux couchettes qui ne nous sont pas attribuees. Bizarre! Nous remarquons par la suite qu’il y a en fait un traffic avec un de ses potes, qui trimbale sans arret des artons dans les compartiments. Finalement nous nous retrouvons avec deux danois fort sympathiques, et retrouvons nos amies anglaises. Les paysages passent progressivement de forets a des plaines verdoyantes infinies. Voici bientot la frontiere: Ce passage restera pour nous dans les annales. Nous sommes controles dans tous les details de chaque cote de la frontiere. Plusieurs fois notre wagon est detache et rattache, changeant tout le temps de loco etc… Ces sombres manipulations dureront en tout… 7 heures! Pour franchir une dizaine de km! A la frontiere mongole au soleil couchant, c'est le depaysement total. Les enfants se baladent a cheval dans les rues poussiereuses, nous changeons nos premiers Teugreugs (monnaie mongole) et achetons des nouilles liophilisees pour les prochains repas a bord du train. Les gens sur le quai achetent de l’airag (lait de jument fermente). La suite du trajet est superbe. Nous observons, sans trop y croire, les premiers gers (yourtes mongoles, tentes rondes) a travers les fenetres du train qui est maintenant le transmongolien.

OULAN BATOR

Oulan Bator, capitale de la Mongolie, est un mélange d’immeubles modernes et de gers, au milieu de plusieures collines verdoyantes. Une capitale poussiereuse, a l’air bien provincial en fait! C’est avec beaucoup de chance qu’au petit matin, nous trouvons une place dans une auberge a deux sous. Nous arrivons en effet en plein milieu du Naadam, qui est LE grand festival Mongol, avec des concours nationaux de tir a l’arc, de lutte, et de courses de chevaux. Les voyageurs dorment dans tous les sens par terre, nous partons a l’assault de la ville. Il faut acheter des provisions (eau, pates seches, gateaux et mars en quantite!) et cadeaux pour les gens chez qui nous allons loger dans la campagne mongole. Nous partons en effet pour 13 jours avec deux tres sympathiques kiwis, Jeody et Lexi, qui se sont charges de nous organiser un trip d’enfer avec jeep et chauffeur vers l’ouest et le sud de la Mongolie. Grace aux billets offerts par deux hollandais tres sympas, nous allons au stade pour voir la lutte mongole du Naadam. Ce soir, ce sont les finales, et nous assistons aux derniers combats les yeux grands ouverts, au milieu d’une foule exotique. Comment decrire ces lutteurs? Ils sont presque nus, ils portent une culotte decoree, des bottes montantes traditionelles pointues et une veste courte (moulante genre matador espagnol). Ce sont en general des molosses tout en muscles, puisqu’il s’agit de desequilibrer l’adversaire. En dehors du stades, des centaines de personnes vendent tout et n’importe quoi (la moitie des produits nous sont tout a fait inconnus), le tout dans une odeur de chevre bon enfant.

VOYAGE A TRAVERS LA MONGOLIE

Reveil tres tot. Nous retrouvons Joedi et Lexi, et faisons la connaissance de notre chauffeur et guide, Taiwan… Un mongol bien type, qui a l’air tres gentil, et parle “un peu” anglais. C’est en route, entre deux sauts dans la jeep, que nous decouvrons progressivement le vrai visage de la Mongolie. Des collines de steppe, et des chemins de terre defonces. Nous passons ebahis devant nos premiers (!) troupeaux de chevaux, de chevres et moutons, de vaches et de yaks. Sommes nous dans Ushuaia “en direct”, ou dans une page de Geo? Un peuple de nomades s’occupe de ces innombrable betails, et nous appercevons au loin les premiers gers. Ces gens vivent en suivant des traditions ancestrales, trouvant tout le bien materiel necessaire dans leurs troupeaux, sans eau ni electricite. (quoique nous avons pu oberver parfois des familles utilisant… des panneaux solaires ou des eoliennes!). Nous admirons les chevaux en liberte, les poulains, les juments, c’est incroyable. La jeep avance peniblement a 30-40 km/h (nous ferons en tout environ 2600 km sur ces chemins defonces!), et nous voyageons chaque jour environ 7h. Ce voyage autour du monde prend tout a coup un autre rythme, beaucoup plus lent et reveur.

RECUS CHEZ LES NOMADES MONGOLES

Des la premiere soiree, c’est pour nous le choc culturel. Nous sommes accueillis dans une famille de nomades, des vieux amis de notre chauffeur. Nous sommes directement plonges dans une autre époque. Le moyen-age, non, plutot un autre monde. A notre arrivee, les mongoles nous servent dans le ger familial le traditionnel plateau: Avec des gateaux (qui sentent fort le betail!) et du lait de jument seche (un biscuit dur, aigre et qui pique, a l’odeur prononcee d’animal… un gout tres difficile a imaginer pour celui qui n’a jamais goute…). Il y a au dessus du lait caille (c’est leur confiture locale, tres tres speciale!). En signe de bienvenue, chacun boit dans un bol le celebre “lait de jument fermente”. Bon, c’est vrai, c’est un peu special, c’est blanc laiteux, aigre, ca ressemble un peu au cidre, sauf que ca a une odeur d’animal, et nous sourions en serrant les dents la premiere fois que nous en buvons (pour ne pas blesser nos si gentils hotes!). Mais finalement on s’y habitue tres bien, et nous n’avons pas dutout ete malades de tout le voyage! Ni l’un, ni l’autre! (Contrairement a nos pauvres compagnons neo-zelandais!). LE truc: Boire et manger progressivement ces produits que nos estomacs ne sont pas dutout habitués a digerer! Il y a aussi la vodka faite a partir du lait de jument fermente (environ alcoolisee a 12 degres, semi-transparente, speciale avec son odeur caracteristique d’airag). Nous comprenons au fur et a mesure les rituels, tout ce qui faut faire ou ne pas faire, dans quel sens on marche dans la tente, comment on prend un objet (avec la main droite, la main gauche soutenant le coude), le fait qu’il ne faut pas passer entre les deux pilliers centraux qui soutiennent le ger (ils representent le pere et la mere, et sont donc indivisibles)… A droite en entrant, il y a le coin des femmes, a gauche celui des hommes. Toute la maison familiale est impregnee de l’odeur du betail (Les “murs” sont en laine de mouton), et le foyer au centre de la tente est toujours alimente. La nourriture est tres grasse afin de resister aux hivers geles (courament
jusqu’a –40 degres). Nous sommes loges dans le ger de la fille et tous les autres membres de la famille (10 personnes environ) se tassent dans l’autre ger pour nous offrir le meilleur confort. L’hospitalite ici est incomparable. Sur le sol, la tete de la chevre tuee deux heures auparavent est posee dans un coin. On nous sert ensuite un diner de viande sechee (ici, le gras est tres apprecie, au meme titre que la viande, et que les abats: tout se mange!). Tout le monde vit ensemble, le dernier bebe passe de main en main, la vie est rythmee par les besoins du troupeau (ramener et traire les betes dispersees dans la steppe infinie, separer les petits des adultes). Biensur, nous n’avons pas encore mentionne que la mongolie est un pays sans aucunes barrieres, et que les animaux se baladent en totale liberte. Nous peignons et ecrivons beaucoup afin de fixer ces impressions qui nous assaillent de partout. Les visages de ces gens sont tres beaux, rouges de soleil (le pays est tres en altitude, en moyenne a 1200m) nous ressentons beaucoup de paix.Chaque jour apporte les rencontres nouvelles, et nous sommes quand meme bien contents d’avoir nos sacs de couchage pour nous endormir le soir et conserver un semblant d’hygiene! A ce propos, les toilettes sont… la steppe au fond la-bas! C’est un peu difficile dans ces paysages tres plats, bonjour l’intimite! C’est d’ailleurs une chose impressionnante, ici, pas d’intimite, ce qui force peut-etre ces gens a etre si paisibles et rieurs! Nous n’allons pas vous decrire tous les lieux impressionnants par lesquels nous sommes passes: Il nous semblait plus important de vous transmettre les impressions generales que nous avons eu de ce pays. Cependant en bref, nous sommes alles a l’ouest dans des regions tres vertes, avec bcp de betail et des lacs magnifiques, au milieu de volcans eteints. Nous avons fait une journee de cheval (nous etions complement libres, rien a voir avec les balades a cheval en Europe!) dans des paysages grandioses, toujours accompagnes par des guides locaux (ne parlant jamais un mot d’anglais). Les premiers jours, nous avons pu nous laver dans ces lacs et dans des rivieres que la jeep traversait. Ensuite en allant vers le sud dans le desert de Gobi, il n’en a plus ete question!!!
(En rentrant, nous sentions vraiment la chevre!!!!). Plus nous allions vers le sud, plus les paysages devenaient arides. Dans la jeep, notre chauffeur passait en boucle 5 cassettes de musique, dont une de variete mongole qu’on a tellement ecoute, qu’on l’a finalement achete comme souvenir! Nous avons passe 5 jours dans le desert de Gobi, qui est principalement compose de plaines plates de caillous et de petits buissons epineux. Regulierement, des carcasses d’animaux morts ponctuent ces paysages grandioses. Il a fait jusqu’a 40 degres a l’ombre, alors qu’en hiver ici tout se recouvre de neige. Partout, des troupeaux de chameaux en liberte. Nous avons vu des aigles et des vautours manger des carcasses de chevaux morts… et tant de choses encore! Nous n’en revenons toujours pas. Ces deux semaines en mongolie etaient-elles un reve? En conclusion, si un jour vous avez la possibilite de venir dans ce fantastique pays, avant que toutes ces merveilles miraculeusement preservees ne disparaissent, FONCEZ!